le site est en beta test pour les pigistes et redaction
Gautier Aebischer
Journaliste pigiste
Créteil (94000)
Déposé le 16/02/2012 à 14h21
Synopsis n° 35
 Support : Web
 Catégories :  Sports
 Durée : 1 Heure
 Quantité : 3 feuillet(s)
« Un rêve à portée de pieds. »
Il y a New York et les autres. Loin devant ceux de Boston, Londres, Berlin ou Chicago, le marathon de New-York jouit d'une popularité sans égal dans le monde. Dimanche, à l'occasion de la 42e édition, ce ne sont pas moins de 40 000 personnes qui s'élanceront avec pour seul objectif de franchir la ligne d'arrivée. Embarquez pour 42,195 km dans les rues de ‘Big Apple'. Si le Marathon est né en Grèce, au Ve siècle avant J-C lors des guerres médique entre Perses et Grecs, c'est bien outre-Atlantique que se poursuit le mythe de cette course réinventée pour les Jeux Olympiques d'Athènes de 1896 grâce au philosophe français Michel Bréal. L'académicien français a suggéré à Pierre de Coubertin une course pour rendre hommage à Phiddipidès*, le coureur qui aurait selon la légende parcouru les 42 kilomètres séparant la plage de la cité de Marathon à Athènes pour prévenir les grecs de la victoire. Une course pour l'honneur en somme. Qui s'est transformée avec le temps en épreuve de dépassement de soi pour le commun des mortels. Créé en 1970, le marathon de New York accueille chaque premier dimanche de novembre des milliers de participants venus des quatre coins du monde pour repousser leurs limites. Les organisateurs attendent en effet plus de 40 000 personnes au départ ce dimanche 6 novembre dans les rues de la Grande Pomme. Un chiffre qui reste en deçà de celui de Londres qui en attire par exemple 45 à 50 000 à la fin de chaque mois d'avril. Ce ne sont pourtant pas les demandes qui manquent, puisque la notoriété de New York pousse presque 100 000 personnes à demander leur sésame dès l'ouverture des inscriptions pour ce qui ressemble fort au pèlerinage des amoureux de la course à pied. Qu'ils soient marathoniens, sportifs ou simples anonymes, quelle que soit leur âge, leur nationalité, leurs origines, leurs convictions politiques ou leur couleur de peau, chacun vient y vivre son rêve américain, à son propre rythme. En quatre décennies, le marathon de New-York est passé dans une autre dimension. Une dimension universelle, à l'instar de cette ville cosmopolite. Aucun français au palmarès C'est que l'on part de loin. Lors de la première édition remportée par l'Américain Gary Muhrcke en 2h31'38", l'inscription ne coûte qu'un dollar (il faut en compter 280 aujourd'hui !), mais ils ne sont que 127 courageux à oser prendre le départ. Et à peine 55 à être allés au bout de leurs forces pour franchir la ligne d'arrivée. Aujourd'hui, les organisateurs sont obligés d'instaurer trois vagues de départs (9h40, 10h10 et 10h40) pour la bonne tenue de l'épreuve. Essentiellement concentré à Manhattan, le premier parcours s'avère vite trop restreint pour faire face à l'engouement grandissant des participants et du public, toujours plus nombreux. Dès 1976, Fred Lebow, co-fondateur de la course, redessine le tracé afin de traverser les cinq quartiers sur lesquels s'étend la ville (à savoir, Staten Island au sud, Brooklyn, Manhattan, le Queen's et le Bronx au nord). Dès lors, la course débute près du pont de Verrazano-Narrrows à Staten Island, où une marée humaine s'engouffre. C'est cette image du pont submergé de coureurs relayée par les médias du monde entier, et donc vue par plus de 300 millions de téléspectateurs, qui participe à la renommée internationale du marathon new yorkais. Le tracé continue ensuite vers Brooklyn puis le Queen's. Les concurrents traversent l'East River pour rejoindre Manhattan, s'attaquent à la 1ere avenue, passent brièvement dans le Bronx, puis rejoignent Manhattan via la célèbre 5e avenue et finissent après plusieurs heures d'efforts à Central Park, de quoi refaire le plein d'oxygène. Au total, près de 2 millions de personnes se massent le long du tracé pour encourager ces athlètes qui écrivent l'histoire du bout de leurs semelles, sans savoir si l'un d'entre eux réussira à battre les records de l'épreuve, détenus par l'Ethiopien Tesfaye Jifar en 2h07'43" (2001) et la Kenyane Margareth Okayo en 2h22'31" (2003). Alors qui pour succéder à l'Ethiopien Gebre Gebremariam et la Kenyane Edna Kiplagat, lauréats en 2010 ? Qui pour remporter les 130 000 dollars promis au vainqueur et laisser son nom au panthéon de l'athlétisme ? Qui pour marcher dans les traces de Grete Waitz, neuf fois vainqueur en onze participations entre 1978 et 1988, pour qui les participants auront une pensée toute particulière puisque la Norvégienne est décédée en avril dernier ? * Le doute subsiste sur le nom du véritable messager entre Euclès, Phiddipidès ou Thersippos l'Eroeus selon les historiens de l'époque.

Contacter l'auteur

Ajouter aux contacts