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Nadya B'chir
Journaliste pigiste
EPINAY SUR SEINE (93800)
Déposé le 15/04/2012 à 20h17
Synopsis n° 52
 Support : Presse
 Catégories :  Société
 Durée : 2 Jours
 Quantité : 538 caractères
« Ras Jedir Camp de réfugiés de Choucha  »
Oubliez ce que vous savez des frontières tuniso-libyennes. C’est une autre dimension.. Un paysage inhabituel ; On est obnubilé, carrément à côté de la plaque. Et nous voilà face à une interrogation qui s’impose comme une évidence tranchante : mais où sommes-nous au juste ? Est-ce un nanar dont nous verrons aussitôt le générique de la fin ? Nous aimerions y croire en tous cas. Néanmoins, tout cela est bien réel. Une catastrophe humanitaire ? Presque. Mais une chose est sûre ! Ce sont là les premières esquisses. Retransmission visuelle : des marrés de gens : Bangladais, Egyptiens, Philippins, Libyens envahissant les lieux ; certains tiennent le file pour avoir à manger ; d’autres ont choisi de camper sur place, ils y sont depuis des jours ; et puis d’autres s’accrochent à l’ultime espoir en grimpant dans les bus en direction de l’aéroport. Et puis un effluve de solidarité comme jamais vu : les Tunisiens venus de diverses régions du pays, en volontaire prêter main forte aux sinistrés. La carte de la générosité est une dame de cœur : la Tunisie. Les réfugiés, ou plus correctement les transitaires des frontières libyennes, que nous pouvons égrener par milliers, s’ébrouent dans une saccade à quelque endroit. Frénétiquement, ils cherchent à se nourrir, à trouver une issue de secours, une échappatoire. Cette ribambelle humaine- victime du forcené Kadhafi, nous fait prendre conscience de la gravité cruelle des actes de répression dictatoriale. Que d’injustice et d’oppression et… un décharnement absolu, résument fichtrement bien les foyers de la Révolution libyenne. Une lueur d’espoir : les Tunisiens. Militaires ou citoyens volontaires, ils se sont mobilisés en masse et sans compter pour ranger le foutoir de Kadhafi. Mais pas seulement lui. Car les Egyptiens déplorent, de leur côté, l’indifférence de leur gouvernement. Les milliers des ressortissants Egyptiens sont totalement pris en charge par la Tunisie. D’ailleurs, ils donnent rendez-vous à leur gouvernement à la place Tahrir dès leur retour. Aussi a-t-on appris que des bus faisaient l’aller retour de Ras Jdir à Djerba afin de transporter, à priori les Egyptiens à l’aéroport. Un des ressortissants nous a confié qu’ils n’embarquent dans le bus que les familles, et qu’une fois à l’aéroport de Djerba, ils attendent jusqu’à ce qu’un avion envoyé par leur gouvernement vienne les récupérer. Le sens de l’humanitaire Plusieurs tentes sont installées, quasiment à tout va ; par là on distribue de la nourriture, et par ici des médicaments. Des médecins, des infirmiers, des cuisiniers, des hommes d’affaires aussi. Ici, il n’y a guère de disparité, tous voués à une seule et unique cause : venir en aide aux transitaires. Les conditions de leurs transitions sont des plus lamentables : des jours entiers debout, à lutter pour passer les frontières, pour atteindre la lisière de sécurité... Les douaniers, l’armée, et le comité de protection de la Révolution s’échinent à instaurer de l’ordre autant que possible. Ce n’est pas simple, en effet… Nous nous arrêtons à une tente, celle de l’association « Taâouen ». Environ quatre volontaires distribuent à une file de transitaire, Bangladais dans la majorité, de la nourriture : du pain, du yaourt, du lait et autres denrées donnant des forces à des personnes épuisées, des ventres affamés et des poitrines exsangues..

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