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Santi Laurent
Journaliste pigiste
MARSEILLE (13005)
Déposé le 28/09/2012 à 15h37
Synopsis n° 76
 Support : Web
 Catégories :  Médias/Presse
 Durée : 3 Heures
 Quantité : 3500 caractères
« Free : Xavier Niel nous a-t-il vraiment rendus libres ou moins p »
L'annonce du nouveau forfait de Free a fait l'effet d'une petite bombe chez tous les mordus du portable. En effet, pour à peine 20€ par mois, Free et son très médiatique leader Xavier Niel nous promettent les appels illimités, les sms et les mms illimités itou, ainsi qu'internet, le tout sans engagement. Pour peu que ce forfait fasse le café et aime les films de Sylvester Stallone, il serait mon meilleur ami idéal. L'offre est donc alléchante, et pour un peu, Xavier Niel passerait pour le gendre idéal de ceux qui ont leur téléphone pour doux époux. Mais Monsieur Niel nous a-t-il vraiment rendus moins pauvres ? Tentatives de décryptage. En fouillant un peu partout sur la toile, une chose m'a sauté aux yeux : hormis quelques forums obscurs, il est presque impossible de trouver de mauvaises critiques dirigées contre ce nouveau forfait. Parce que justement il est inattaquable ? Pas si sûr. En effet, en feuilletant le livre-enquête de la journaliste Odile Benyahia-Kouider, Un si petit monde, une phrase de Xavier Niel a retenu toute mon atttention : “Quand les journalistes m’emmerdent, je prends une participation dans leur canard et ensuite ils me foutent la paix”. Cela s'avère vrai pour des journaux papier (tels que Le Monde) ou internet (Bakchich, Mediapart, Atlantico, etc...). Epicureweb étant un site qui débute, il a besoin d'un petit coup de pouce financier. Il est donc plus que temps pour moi de dire du mal de Xavier Niel, non pas parce que j'aime dire du mal de tout et de rien, mais parce que je suis très inquiet pour le journal pour lequel je travaille. En réalité, il ne s'agit pas ici de dresser le portrait de Xavier Niel, mais de réaliser que ce nouveau forfait est indissociable de ce dernier, tant il est représentatif de l'état d'esprit de son entreprise. La première chose qui coince avec Xavier Niel, c'est son côté procédurier. Par exemple, il a déposé cinq plaintes contre le journal Libération. Conséquence ? Le journal a été relaxé à chaque fois et Free a été condamné pour plaintes abusives. Pour Xavier Niel, le tort de Libération a été d'un peu trop se pencher sur ses démêlés judiciaires, liés à ses débuts dans l'industrie du sexe (en effet, il a débuté avec la création de Iliad, spécialisée dans le minitel rose). A croire que le « facétieux Xavier Niel », comme l'a surnommé le Figaro, n'aime pas trop que l'on fouille dans son linge sale. Mais ce qui choque le plus chez Xavier Niel, c'est sa façon de "faire du tuning" sur le capitalisme pour en faire un engin “bling bling”, amusant et bon enfant. En effet, il présente Free comme une entreprise de “chiens fous”, en précisnt : “nous allons souvent à contre-courant, en nous opposant à l'ordre économique établi”. C'est bien sûr cette opposition à l'ordre économique établi qui pousse Xavier Niel a embaucher dans Iliad (maison-mère de Free) des gens de chez TF1, Endemol, Pernod-Ricard, etc... Une entreprise de philanthropes, donc, au service de la communauté. Pour en revenir à notre sujet initial, non, avec un forfait à 20€, Xavier Niel ne nous a pas rendu moins pauvres. Il joue juste sur notre pauvreté pour assoir sa richesse. Le forfait à 20€, c'est comme les magasins Gifi, Lidl, La Foir'Fouille et autres “discounteurs” : on donne l'impression aux pauvres d'avoir eux aussi du pouvoir d'achat, afin qu'eux aussi consomment. Ce forfait n'est qu'un des nombreux outils d'un bricoleur capitaliste parmi tant d'autres : il ne sert que de cache-misère.

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