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Lassine DIARRA
Journaliste permanent
Bamako (141)
Déposé le 29/05/2012 à 17h06
Synopsis n° 55
 Support : Presse
 Catégories :  générales , Energie , Industrie
 Durée : 2 Heures
 Quantité : 5690 caractères
« Fourniture d’électricité : LE TEMPS D’AUSTERITE ENERGETIQUE »
Fourniture d’électricité : LE TEMPS D’AUSTERITE ENERGETIQUE Bamako et 14 autres localités interconnectées seront privées d’électricité de jour comme de nuit Nous l’avions prédit dans ces colonnes que si la situation socio-politique que connaît le pays ne s’améliorait pas, la Société Energie du Mali (EDM) serait dans l’incapacité d’assurer la fourniture correcte du service d’électricité. Ce dont on craignait est enfin arrivé : à partir de ce lundi, Bamako et 14 autres localités interconnectées seront privées d’électricité de jour comme de nuit. Cette décision certes impopulaire est l’effet immédiat de l’embargo imposé sur nos importations par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO). L’on comprend aisément ce que représente une telle décision en cette période d’incertitude. Les responsables de EDM en sont conscients. Mais ils évoquent l’impossibilité d’alimenter les centrales thermiques en combustible. Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir essayer. Les événements du 22 mars dernier ont particulièrement perturbé les activités économiques dans notre pays. Les circuits financiers, notamment les systèmes bancaires, le transport ont été mis à mal par l’arrêt du travail, mais aussi et surtout la réaction des pays par lesquels transitent les marchandises importées dans notre pays. Cette situation a fortement affectée EDM dont une large part de l’activité commerciale dépend de la disponibilité d’intrant, notamment les hydrocarbures. Pour maintenir le service minimum, EDM a envisagé de mesures d’urgences dont la première phase a consisté à délester pendant le jour. Ce scénario 1 permettait, grâce aux productions des centrales thermiques, de reprendre le service par la fourniture d’électricité la nuit à Bamako et dans les 14 autres localités sur les réseaux interconnectées assurés par les productions hydroélectriques des barrages de Sélingué, Manantali et Sotuba. Malheureusement au regard de la mauvaise pluviométrie de l’année dernière, les installations hydroélectriques ne peuvent plus tournée à plein régime. Ainsi la production qu’elles assurent ne couvrent qu’une infime partie des besoins énergétiques dans notre pays. Ce premier scénario nécessitait un volume de combustible de 440.000 litres, soit une enveloppe financière d’environ 222 millions de Fcfa par jour. L’objectif d’une réduction de la consommation énergétique voulue par EDM durant cette période n’a eu d’effets escomptés. Les activités économiques redoublaient une fois l’électricité établit la nuit. Ce qui a eu comme conséquence de faire grimper la consommation de 180 à 207 Mega Watt. « La situation est dramatique. La crise a engendré à un ralentissement des activités économiques dans tous les secteurs et l’impossibilité des transactions bancaires induit une baisse drastique des activités commerciales de notre société », explique un responsable de EDM, ajoutant que les recouvrements de la société sont en chute libre pour le moins que la société trouve inopportun de réclamer quoique ce soi aux usagers en cette période de service dégradé. Il ne pouvait d’ailleurs être autrement pour ceux-ci qui ont d’autres priorités en ce moment de disette. Quand bien même le règlement des factures permet à la société de pouvoir assurer sa mission de service publique. L’on pouvait en rester là. Seulement voilà, l’entrée en vigueur de l’embargo a privé Ben and Co, Total et SOMAPP, les principaux fournisseurs d’EDM, de leurs sources d’approvisionnement en hydrocarbures. Aujourd’hui, les stocks de combustible s’épuisent. Pas de combustible, peu d’utilisation des installations hydroélectriques, que faire ? La société Energie du Mali n’envisage pas de couper complètement les usagers de l’électricité. Mais elle envisage de mettre un plan B. Ce second scénario consiste à délester de jour comme de nuit. Les populations auront le courant seulement un jour sur deux. Et cela le jour comme la nuit. Les zones dites stratégiques comme les hôpitaux, les centres de santé et certains édifices publics seront épargnés de cette mesure d’austérité énergétique. Ce service minimum nécessite un volume de combustible de 410.000 litres pour un investissement journalier d’environ 222 millions de Fcfa. Cette disposition sera complétée par les barrages hydroélectriques dont les capacités de production ne peuvent dépasser un tel service. EDM rassure dans la situation actuelle évolue le service de fourniture d’électricité n’a rien de logistique. Les outils de production sont là, mais il manque de combustible. Ce délestage énergétique va également affecter considérablement la fourniture d’eau potable dans les ménages. Cela est d’autant plus réel que la production et le transport de l’eau potable dans les foyers sont tributaires du réseau EDM. Les installations de la Société malienne de patrimoine de l’eau potable (SOMAPEP) et la Société malienne de gestion de l’eau potable (SOMAGEP), sont dépourvues, pour le moment, d’un dispositif de production énergétique qui réduirait leur dépendance aux réseaux EDM. Seul un règlement diligent de la situation socio-politique actuelle pourrait éviter notre pays d’un scénario catastrophe. Les spécialistes chiffrent à plusieurs millions de Fcfa la perte qu’enregistre l’économie nationale au cas où la situation venait de perdurer dans le temps et dans l’espace. Souhaitons que les actions entamées par les Départements de l’Energie et de l’eau, de l’Economie et des Finance, de l’Equipement et des transports et la direction générale de Energie du Mali portent fruit pour le bonheur de nos compatriotes.

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