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Jérôme Morin
Etudiant
Cannes (06400)
Déposé le 06/04/2013 à 20h09
Synopsis n° 127
 Support : Presse
 Catégories :  Littérature
 Durée : 3 Heures
 Quantité : 8772 caractères
« Et si Marcela Iacub nous avait menti dans son dernier livre « Be »
C'est la question que l'on se pose de la première à la dernière ligne de l'ouvrage publié aux éditions Stock mercredi 27 février et vendu au prix de 13,50 €. La chroniqueuse à Libération y raconte sa relation avec Dominique Strauss-Kahn, un être mi-homme, mi-cochon. Elle n'hésite pas à le défendre envers et contre tous. DSK a pourtant fait condamner ce livre pour atteinte à la vie privée. Tour d'horizon du meilleur du pire de l'ouvrage. Dès le premier chapitre, le décor est planté. « Les porcs ont le droit d'être des porcs. Une société qui met ces créatures en prison […] n'est pas une société libre et juste. » L'opinion sera tenue jusqu'à la fin du livre, qui nous réserve une conclusion nauséabonde. Mais que veut dire Marcela Iacub dans cette citation ? Que toutes pratiques sexuelles librement consenties ne doivent pas être condamnées ? Ça pourrait se défendre, même si nous avons tous des contre-exemples en tête... Mais dès la page 13, l'écrit devient pitoyable. « Les cochons ne commettent pas de crimes sexuels. Autrement, je ne t'aurais jamais rangé dans cette race des cochons. J'aurais cru que tu étais un violeur, un pervers, un humain véritable. » Un humain véritable est donc pour Marcela Iacub un vicieux, un dépravé, un malveillant ! Être un cochon, ça n'est pas grave... D'ailleurs, pour l'auteure, DSK n'a commis qu'une faute. « Tu as prétendu que tu étais prêt à donner ton sang pour la patrie quand en vérité tu te serais servi de cette patrie pour verser ton sperme inépuisable. » Une seule faute, ça veut dire innocenter l'ex-patron du FMI dans l'épisode de la chambre du Sofitel. « Seul un cochon peut trouver normal qu'une misérable immigrée africaine lui taille une pipe sans aucune contrepartie. […] Et la pauvre est revenue dans la chambre pour voir si tu lui avais laissé un quelconque pourboire. [Elle] a été terriblement offensée mais elle n'a pas été violée. » Évidemment, on pourrait croire sur parole cette version des faits de Marcela Iacub. Mais l'écrivaine confie ne jamais avoir demandé à DSK ce qu'il s'était passé dans cette désormais célèbre chambre. « J'ai commencé d'une manière très immodeste à me considérer comme Voltaire. » Bonjour les chevilles ! L'auteure se considère comme un kamikaze de la vérité. Pourquoi ? Pour avoir défendu DSK après l'épisode du Sofitel, pour dire la vérité à la foule ignorante, donc pour nous dire la vérité. Bref, elle se présente comme une femme extraordinaire... ou plutôt une truie extraordinaire ! Car Marcela Iacub l'admet dans son ouvrage : DSK est un porc, et elle est devenue une truie grâce à lui. « Tu me permettais de ne plus être une humaine véritable. Les femmes ignorent, tout comme moi je l'ignorais […] à quel point c'est beau d'être une truie. » Chapitre trois, la rencontre « Ta femme m'a écrit la première. Elle me remerciait de mon livre et du fait que j'avais été l'une des seules qui n'avait pas crié avec les chiens (ou avec les chiennes, plutôt, m'avait-elle précisé) pour te condamner. » Puis DSK lui a envoyé un mail. « Cette lettre, tu me l'avais écrite […] après avoir regardé mes photos sur Internet. » Pour le romantisme, on repassera. Rapidement, les deux acteurs de ce livre décident de se rencontrer. Et l'écrivaine, une none qui vit recluse, cédera rapidement aux avances de DSK. « Et soudain tu m'as dit : "J'aimerais vous lécher les paupières, vous enlever votre mascara et l'avaler d'un coup." Cela m'a fait frémir. Personne n'avait osé me parler si directement et si rapidement de son désir pour moi. Et personne ne m'avait proposé de faire quelque chose d'aussi sensuel de toute ma vie. » Sensuel ?! Admettons... Les deux protagonistes se retrouveront à maintes et maintes reprises dans l'appartement de l'auteure pour des parties de jambes en l'air « sensuelles »... Que de l'érotique, jamais de sexe à proprement parler. « Je n'avais nullement envie de toi. Je me disais que c'était de ma part une espèce de gentillesse que je [te] devais. » Une gentillesse ? Comme si le sexe n'était là que pour faire plaisir à l'un, tandis que l'autre se devait de le faire ! Comme si une femme devait obligatoirement coucher si l'homme lui avait rendu un service... Nous sommes page 34, et je doute de la stabilité psychologique de Marcela Iacub... et donc de son histoire. En tout cas, l'auteure va rapidement prendre beaucoup de plaisir. DSK aussi, puisque à chaque rapport, il finit par terre, complètement paralysé par son plaisir. Chose si courante et donc si crédible après un orgasme !!! « Je fantasme qu'un autre te fasse des choses devant moi. » Aussitôt dit, aussitôt fait. Le fantasme de DSK sera rapidement réalisé. « Tu as mis dans ma main gauche de la confiture d'oranges. C'est alors que le porc qui nous recevait s'est mis à me lécher la main. » On l'a bien compris, les rapports « sensuels » de DSK et Marcela Iacub étaient fréquents. A la même époque, la presse persécutait l'ex-patron du FMI jour et nuit. Pourtant, jamais elle n'a été mise au courant de la relation entre les deux « cochons ». Surprenant ? Non, nous répond l'écrivaine. « Mon immeuble a toujours été atteint de cette maladie. [NDLR : la folie] C'est la faute à l'architecte qui l'a construit. » Puisque le bâtiment est mystérieux, ilest tout à fait normal que rien n'ait filtré... Même lorsqu'une des voisines de l'écrivaine aguiche DSK à sa sortie de l'ascenseur. Évidemment ! Le cochon de DSK, ça n'est pas DSK Marcela Iacub était « une nonne qui avait cessé de prier parce que le Christ s'était présenté à elle en personne sous les allures d'un vulgaire animal de ferme. Sous les allures du roi des cochons. » Que d'animalisations et d'excès dans ce livre ! « J'ai assisté une fois à ta métamorphose d'homme en cochon. D'habitude tu rentrais chez moi déjà cochon. […] Ton corps, ton regard, ta voix étaient différents. [Tu te] laissais emporter par une puissance qui [te] dépassait. » Le cochon et DSK sont donc deux êtres qui cohabitent. Et DSK doit comparaître devant la justice pour les actes du cochon. Une injustice pour Marcela Iacub... qui nous propose ici un argument capable de justifier le pire. Le problème avec les cochons, c'est qu'ils ne vivent que dans l'instant présent. Il leur est impossible de tomber amoureux. Marcela Iacub (la femme, pas la truie) était tombée amoureuse du cochon DSK (pas de l'homme « sans imagination, sans courage politique ou intellectuel »). Vous suivez ? Il lui était alors impossible de vivre en le voyant, et impossible de vivre sans le voir. « Je suis tombée malade. J'ai commencé à avoir un dégoût de toute nourriture. » Puis rapidement « des infections, des vertiges, et des lumbagos […] puis ont commencé les cauchemars. » DSK, le caniche d'Anne Sinclair C'est une des « révélations » du livre. Dominique Strauss-Kahn n'aime pas sa femme (on s'en doutait !) mais il ne peut se résoudre à la quitter parce qu'elle a un patrimoine important. Et Anne Sinclair d'en profiter. « Elle se disait : "Mon caniche est un séducteur, un vrai baiseur. Mon caniche est un homme, c'est pourquoi il a besoin de montrer le cochon." ». « Elle t'a quitté parce qu'on faisait peser ta condition de paria sur elle. » Un épilogue surnaturel Dernière relation « sensuelle » entre DSK et Marcela Iacub. Et on comprend pourquoi leur relation s'arrête après ça... « Dès que j'eus posé ma tête comme il me l'avait demandé il m'a arraché l'oreille d'un coup de dent et il l'a mangée. […] Cette fois-ci son sperme [NDLR : du cochon] jaillissait de ton pantalon d'une manière si impressionnante que même les murs commençaient à en être couverts. […] Le sperme qu'il y avait par terre m'a fait glisser mais j'ai réussi à atteindre la porte et à m'enfuir. » Après cet épisode, DSK continue d'appeler l'auteure, veut la revoir. Bizarrement, elle refuse... Mais lui trouve encore des qualités !! « Le cochon a été un instrument de mon salut. » Car l'écrivaine, après un cauchemar, comprend que son fantasme était d'être « dévorée, d'être assassinée […] dans un horrible carnage cannibale plein de sang et de sperme. » Pour elle, « C'est très bon marché d'échanger une oreille contre la compréhension de la véritable nature de [ses] désirs, des raisons pour lesquelles [elle] avait toujours voulu les fuir. » No comment ! Mal écrit, un peu brouillon, ce livre cautionne donc l'indéfendable, et nous donne à voir des scènes qu'on aurait préféré ne jamais connaître... Que DSK ait eu des pratiques sexuelles atypiques et consenties, c'est son droit ! Que sa femme les accepte, idem ! Mais si cette scène absolument répugnante de cannibalisme s'est produite, Dominique Strauss-Kahn fait preuve d'une déviance inqualifiable. Seulement, le livre est écrit dans une telle démesure que l'on se pose une seule question de la première à la dernière ligne : et si Marcela Iacub nous mentait ?

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