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Ive Tsopgue Ngoufack
Journaliste pigiste
Douala (237)
Déposé le 11/08/2014 à 20h02
Synopsis n° 215
 Support : Presse
 Catégories :  Histoire
 Durée : 01 Jour
 Quantité : 4570 caractères
« Commémoration de la résistance »
Commémoration de la résistance contre l’occupation allemande « Passant, souviens-toi. Adolf Ngosso Din, pendu par les Allemands le 08 août 1914 à Bonanjo pour la lutte contre l’expropriation des terres des ancêtres et la discrimination raciale.» Tel est le message qui barre la plaque commémorative érigée au bord de la route, tout près du mausolée d’Adolf Ngosso Din au cimetière Njoh Njoh à Douala. Un appel à un devoir de mémoire pour tous les pionniers de la conscience camerounaise morts pour la patrie. Mais ce passant que l’on interpelle aujourd’hui saura-t-il un jour, enfin, honorer ses martyrs ? Le pasteur Essombè avait déjà, au cours de son sermon aux fidèles venus assister à la cérémonie religieuse du souvenir, le dimanche 07 août 2011, en la paroisse Njoh Njoh 1 de l’Eglise évangélique du Cameroun, crié sa colère en notant que « Rudolp Duala Manga Bell, le Tét’ékombo (roi des rois), est mort une seconde fois, tué cette fois, non par le colon, mais par ses descendants absents des cérémonies commémoratives du 97ème anniversaire de sa mort ». Le pasteur Essombè s’insurgeait ainsi contre l’indifférence des Camerounais, qui pour l’immense majorité, ont de la peine à se souvenir que le 08 août 1914, à l’actuelle marine marchande de Douala, Rudolph Duala Manga Bell, le roi du canton Bell, et son fidèle secrétaire, Adolf Ngosso Din, ont été pendus par l’administration coloniale allemande. Ils ne se souviennent même pas que le même jour, Henri Madola, le chef Batanga, et Martin Paul Samba ont été fusillés sur la place publique. L’année 1914 marque donc le tournant décisif de la révolte des nationalistes camerounais contre l’assujettissement et pour la défense de l’intégrité territoriale. Mais 3ans après le coup de gueule du pasteur Essombè, la situation semble n’avoir pas véritablement évolué. Un comité d’organisation constitué de quelques panafricanistes et défenseur de la conscience nationale camerounaise a bien voulu saisir l’opportunité de la commémoration des cent ans de la mort de Rudolf Duala Manga Bell et de tous les autres héros pour donner une autre dimension à cet évènement. « Les célébrations d’août à décembre 2014 ont l’ambition de lancer les journées commémoratives qui s’enrichiront d’années en année, intégrant des hommages aux grandes figures de la résistance venant d’autres pays d’Afrique ayant vécu la présence coloniale allemande», promet-il. La détermination de ce groupe à aviver la mémoire de nos héros nationaux est à saluer. Mais sauront-ils en faire une affaire qui dépasse les frontières du Sawaland ou du Dualaland pour s’incruster dans les profondeurs du Cameron? Le défi est d’autant plus grand, et la nécessité plus impérieuse que du Nord au Sud, et de l’Est à L’Ouest, tous les Camerounais, sans distinction de tribus, de partis politiques ou d’obédiences religieuses, doivent se sentir concernés par la célébration de leurs martyrs. Le Chef Bakweri dans le SudOuest, Martin Paul Samba dans le Sud, Um Nyobe dans le Centre, des lamibé de Kalfu et de Mindif, le chef de Yokodouma, Ossende Affana, Félix Moumié, Ernest Ouandié et bien d’autres encore, méritent la reconnaissance effective de la Nation entière. Le Comité d’organisation des festivités marquant la résistance au Cameroun a donc du pain sur la planche, dans un contexte où les pouvoirs publics, depuis le sommet de l’Etat, assimilent cette résistance à une rébellion que l’on a bien fait de mater comme se pourra être le cas pour les attaques du Boko Haram. Heureusement qu’il doit pouvoir compter sur le dynamisme des fils et filles Bonaduma, Bonapriso, Bonadumb’a Doo, Bonatokoto. Elles étaient bien présentes ce 08 août 2014 à la marine marchande, aux côtés du gouverneur de la Région du Littoral, puis au Cimetière Njo NJo pour s’incliner devant la mémoire de leur Roi et de son secrétaire. Elles ont également animé la procession à travers certaines artères de la ville de Douala. Le programme prévoyait aussi des conférences, des soirées festives, des représentations théâtrales, des concerts, la plantation d’arbres symboles, l’inauguration de monuments hommages, des rites traditionnels, honneurs militaires et un culte œcuménique. Mais tout cela sous le regard indifférent du passant qui n’y voyait que des manifestations relatives à la promotion de la culture Sawa.

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